Vous êtes coincé dans les bouchons sur le périphérique parisien. Votre GPS indique 45 minutes d’attente. Votre pied est sur la pédale d’embrayage, la voiture avance à pas de tortue et vous freinez. Une heure plus tard, vous avez mal à la jambe gauche. Un mois plus tard, vous sentez une odeur de brûlé au démarrage. Un an plus tard, la facture s’élève à 1 500 € pour le remplacement de l’embrayage. Cela vous rappelle quelque chose ? Selon l’association automobile française Mobilians, 63 % des pannes de boîte de vitesses manuelle en Île-de-France sont liées à une mauvaise utilisation de l’embrayage dans les embouteillages. La plupart de ces pannes peuvent être évitées en suivant trois règles simples.
Règle n° 1 : restez au point mort lors des arrêts prolongés. Lorsque vous êtes arrêté à un feu rouge pendant plus de dix secondes ou dans un embouteillage, mettez la voiture au point mort et relâchez complètement la pédale d’embrayage. De nombreux conducteurs ont l’habitude de garder le pied gauche sur la pédale pendant toute la durée de l’arrêt. C’est catastrophique pour la boîte de vitesses. La butée d’embrayage tourne constamment, exerçant une pression sur le ressort à diaphragme. De ce fait, sa durée de vie est réduite de 150 000 à 200 000 kilomètres à 60 000 à 80 000 kilomètres. Jean-Paul Dubois, mécanicien lyonnais fort de 30 ans d’expérience, témoigne : « Chaque semaine, des clients viennent me voir en me disant : “Je ne comprends pas, mon embrayage a lâché à 70 000 kilomètres.” Ma première question est : “Comment vous retrouvez-vous coincé dans les embouteillages ?” La réponse est toujours la même : “Eh bien, je maintiens la pédale enfoncée pour démarrer rapidement.” Voilà le problème.»
Deuxième règle : pas de demi-débrayage en conduisant. Le demi-débrayage se produit lorsque la pédale n’est pas complètement enfoncée et que le disque touche le volant moteur sans se bloquer complètement. Ce mode est uniquement nécessaire au démarrage et en marche arrière. Pourtant, nombreux sont les conducteurs qui, dans les embouteillages, gardent la pédale légèrement enfoncée en permanence, pensant que c’est plus facile. L’embrayage chauffe alors par frottement. La température du disque peut atteindre 300 degrés Celsius. Le métal se ramollit et perd de sa dureté. Après trois mois de conduite dans ces conditions, vous constaterez un patinage : votre pied est au plancher, mais la voiture ne bouge pas.
Troisième règle : apprenez à sentir le point de patinage de l’embrayage. Chaque voiture a son propre point de patinage. Il est plus haut sur la Peugeot 308, plus bas sur la Renault Clio. Entraînez-vous sur un parking vide : relâchez la pédale très lentement sans accélérer et mémorisez ce moment. Le bon geste consiste à appuyer franchement, à relâcher rapidement jusqu’à ce que l’embrayage s’enclenche, puis à retirer complètement le pied en douceur. L’ensemble du processus ne devrait pas prendre plus de deux secondes.
