L’électricité en France : Le véritable fiasco de la recharge (et où trouver les vraies bornes)

par Odette Monnier

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Le gouvernement français a annoncé l’interdiction de la vente de voitures neuves essence et diesel d’ici 2035. Déjà, une voiture neuve sur cinq en France est électrique. Les aides à l’achat (bonus écologique) atteignent 5 000 à 7 000 €. Des bornes de recharge sont installées à proximité des supermarchés, des parkings et même de certains cafés. On pourrait croire à un paradis pour les amoureux de la voiture électrique. Mais la réalité est tout autre. Les propriétaires de voitures électriques en France sont confrontés à trois « cauchemars de la recharge » que les vendeurs de Tesla, Renault Megane E-Tech et MG4 passent sous silence. Si vous envisagez de passer à l’électrique, il est essentiel de connaître la vérité, et pas seulement le discours marketing.

Cauchemar n° 1 : L’accessibilité n’est qu’un mirage

La France compte officiellement plus de 110 000 bornes de recharge publiques (selon le ministère de l’Environnement, 2024). Mais à Paris, Lyon et Marseille, la réalité est bien différente. Une étude de l’UFC-Que Choisir (association française de consommateurs) a révélé que 38 % des bornes de recharge dans les grandes villes étaient indisponibles à une heure choisie au hasard. Parmi les raisons invoquées : pannes, vandalisme, blocage par des véhicules non électriques, ou tout simplement arrêt des bornes. Vous arrivez avec 10 % de batterie et la pompe affiche un voyant rouge. La borne la plus proche est à 4 kilomètres. Ou le même problème se pose.

La situation est particulièrement critique dans les zones densément peuplées où les habitants ne disposent pas de parking privé. À Paris, 70 % des ménages n’ont pas de garage. Les propriétaires de véhicules électriques sont contraints de recharger dans la rue, mais le nombre de bornes est insuffisant. Le soir, l’attente peut atteindre une heure. Les tarifs sont moins élevés la nuit, mais il faut se lever à 3 h du matin pour déplacer sa voiture afin d’éviter une amende pour stationnement prolongé.

Cauchemar n°2 : La vitesse de recharge ne correspond pas aux promesses.

Les constructeurs annoncent « 80 % en 30 minutes » sur les bornes de recharge rapide en courant continu (150 kW). Or, ces bornes sont rares (moins de 10 % du parc). La plupart proposent une recharge lente en courant alternatif à 22 kW (en réalité, entre 7 et 11 kW). Sur une telle borne, recharger une batterie de 50 kWh (Renault Mégane E-Tech) prend entre 6 et 8 heures. En théorie, c’est pratique la nuit. Mais en pratique, en journée, impossible de recharger rapidement 20 % avant un déplacement important.

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