Comment les moteurs diesel français tuent les conducteurs modernes (et comment y remédier)

par Odette Monnier

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La France est le berceau du diesel. Même dans les années 2000, 80 % des voitures neuves vendues étaient diesel. Peugeot, Renault et Citroën misaient sur les moteurs HDi, dCi et BlueHDi, réputés pour leur faible consommation et leur fiabilité. Les conducteurs appréciaient les diesels pour leur motricité, leur faible consommation (4 litres aux 100 km sur autoroute) et leur robustesse. Mais depuis 2015, après le Dieselgate (le scandale des performances environnementales exagérées de Volkswagen, qui a également touché les marques françaises), les mentalités ont changé. Aujourd’hui, en France, les moteurs diesel tuent lentement leurs propriétaires, non pas à cause de l’environnement (bien que ce facteur entre en jeu), mais à cause de pannes coûteuses, inhérentes à la conception du véhicule. Partout en France, les garagistes s’accordent à dire : « Réparer un diesel moderne après 150 000 kilomètres coûte autant que la moitié du prix de la voiture.»

Premier problème : le système AdBlue (urée). Tous les moteurs diesel Euro 6 (à partir de 2014) sont équipés d’un système SCR qui injecte une solution aqueuse d’urée dans le pot d’échappement pour neutraliser les oxydes d’azote. L’idée semble écologique. Mais en pratique, l’injecteur d’AdBlue s’encrasse de cristaux, le capteur de niveau tombe en panne et le réchauffeur grille. Réparations : le remplacement de l’injecteur coûte entre 500 et 800 €, et celui du réservoir d’AdBlue entier (si la pompe est obstruée par les cristaux) entre 1 500 et 2 500 €. De plus, il y a le phénomène de « l’autruche » : de nombreux conducteurs ignorent les alertes de niveau d’AdBlue bas, et lorsque le réservoir est vide, le moteur cale (impossible de démarrer). Résultat : un dépannage et une facture salée.

Deuxième problème : le filtre à particules diesel (FAP). Un moteur diesel produit de la suie. Le FAP la capture et la régénère (la brûle) lors des trajets sur autoroute. Or, les automobilistes français effectuent de plus en plus de courts trajets urbains. Le filtre ne chauffe pas jusqu’à 600 degrés Celsius, la suie s’accumule et obstrue la structure alvéolaire. Le moteur perd de la puissance et la consommation de carburant augmente. Le nettoyage du filtre à particules (FAP) avec des produits spécifiques coûte entre 300 et 500 € (s’il est effectué à temps). Le remplacement du filtre coûte entre 1 000 et 2 000 €. Sur une Peugeot 3008 2.0 BlueHDi, le remplacement du filtre à particules (FAP) chez un concessionnaire coûte 1 800 €.

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